Vous m'aviez toujours dit de ne jamais prendre l'autoroute.
Vous m'aviez dit que c'était du suicide.
Comme les effets spéciaux extraordinaires, le travail des
cascadeurs sur Matrix Reloaded surpasse de loin le travail fantastique
réalisé dans le premier film. L'une des plus étonnantes
séquences de Reloaded est la course poursuite endiablée
qui se déroule sur l'autoroute. Elle comprend des collisions
spectaculaires, une lutte a mort dans une Cadillac lancée
a grande vitesse, un combat sur le toit d'un poids-lourd et Trinity
allant a contre sens sur une moto Ducati avec le KeyMaker a l'arriere.
Cela a prit sept semaines pour tourner cette sequence sur une autotroute
longue de 2.5 km construite spécialement pour le film sur
la base navale d'Alameda.
"C'est implacable" raconte Fishburne en parlant de la
poursuite. "Les voitures rentrent sur l'autoroute, la police
nous suit, nous sommes en contact téléphonique avec
Link, il y a les Viriis, ils font feu puis se transforment, les
agents arrivent, Trinity saute sur une moto et fonce a contre-sens
et la vous levez les yeux et vous pouvez voir Néo sur le
toit d'un camion comme s'il était entrain de surfer. Apres
avoir vu ce qui se passe sur l'autoroute j'ai réalisé
a quel point Morpheus est fou."
La séquence de l'autoroute a demandé une tres longue
et minutieuse plannification a R.A. Rondell, le coordinateur des
cascades. "Je m'asseyais avec les Wachowski pendant une heure
environ et nous ne parlions que de vitesse. Je leur ai proposé
quelque chose de normal, 90 km/h pour la vitesse du traffic et 120
km/h pour les voitures impliquées dans la course poursuite,
donc une différence de 40 km/h entre le traffic normal et
eux. Les Wachowski me demandaient si l'effet de vitesse serait assez
visible quand les voitures passeraient devant la caméra .
Alors je devais carrément sortir mes voitures miniatures
et voir comment nous pourrions placer les voitures."
La pré-visualisation générée par ordinateur
était un outil indispensable pour les réalisateurs
pour plannifier a l'avance les plans complexes qu'ils devaient tourner,
en prenant compte les cascades qui se devaient se derouler a milieu
de ce barrage de voitures. La pré-visualisation permet de
recréer un décor sur un ordinateur, d'y appliquer
un mouvement de caméra, et d'animer une séquence afin
de voir ce a quoi la scene finale pourra ressembler.
"Dans la course poursuite, la caméra a été
placé la ou personne ne l'a jamais fait auparavant"
raconte Bill Pope, le directeur photo. "Les Wachowski ont imaginés
des plans incroyables et les ont mis dans l'ordinateur afin de voir
ce que ca pourrait donner. Ensuite nous avons du trouver un moyen
pour réussir a tourner réellement ces scenes."
La pré-visualisation high-tech a ensuite été
suivie par une approche plus tangible. "Nous avons littéralement
marché le long de l'autoroute avec un metre a mesurer"
explique Rondell. "Nous avons marqué précisement
le parcours que Trinity fera sur la moto et celui de la caméra,
et nous avons marqué les différents endroits ou leurs
chemins se croiseraient. Nous avons ensuite calculer la vitesse
de déplacement de la moto et quelle distance serait nécessaire
au freinage. Et c'est apres tout ca que nous placions les voitures
en conséquence."
L'un des soucis des cascadeurs était de faire une scene
réaliste tout en faisant oublier tout ce travail de plannification.
"Nous ne voulions pas que le traffic sur l'autoroute parraisse
trop simple ou répétitif" remarque Rondell. "Que
voyez-vous tous les jours sur l'autoroute ? Tout le monde n'est
pas parfaitement placé a distance réguliere. Nous
avons pris en compte les objectifs des caméras, la distance
entre la caméra et le sujet, et nous avons mis tout cela
en mouvement en utilisant les angles les plus uniques. Le défi
était de faire tout ca en temps réel, et a ce moment
vous devez prendre en compte la présence des acteurs.
"J'ai une peur terrible des motos" admet Carrie-Anne
Moss. "Et c'était vraient tres difficile pour moi de
monter sur un moto tous les jours et de m'entrainer. J'ai commencé
avec une moto toute petite. Lorsque je l'ai maitrisé parfaitement
je suis monté sur une moto plus grosse. Cela m'a pris des
mois jusqu'a ce que j'arrive finalement a maitriser la Ducati. Ma
plus grosse peur dans tout ca c'était, je suppose, de mourrir."
La peur de Moss était compréhensible. Elle devait
piloter une puissante moto a grande vitesse en contre-sens et emmenant
avec elle une cargaison précieuse: Randall Duk Kim, qui joue
le role du KeyMaker, était assis derriere Moss et aucun des
acteurs ne portaient de casques. L'actrice a prise ses responsabilités
tres serieusement. "Jusqu'au dernier jour d'entrainement j'ai
dis a R.A. Rondell, "Je ne peux pas promettre que je vais réussir
a faire tout ca.Parce que cela ne dépend pas que de moi,
Randall est a l'arriere et il ne porte pas de casque. Si je tombe
a une vitesse de 80 ou 90 km/h on ne fera pas que se blesser. On
sera gravement bless ou on y restera. Alors le jour du tournage
je savais que je ne devais pas me permettre de penser un seul instant
que je ne pouvais pas le faire. Les pensées négatives
n'étaient pas permises."
L'expérience du coordinateur des cascades fut un facteur
important dans la décision de Moss de faire la scene elle-meme.
"J'adore R.A. et je lui fais confiance" dit-elle. "Il
est tres patient et encourageant. S'il n'avait pas été
la je n'aurais meme pas été capable demonter sur la
moto."
"Il y a un élément de confiance maintenant"
raconte Rondell. "Cette fois-ci les acteurs sont arrivés
en sachant qu'ils pouvaient nous faire entierement confiance, et
c'est déja la moitié du chemin. Apres ca ce n'était
plus que du jeu d'acteurs."
Alors que Moss pensant a la vie et la mort, Randall Duk Kim s'est
accroché et s'est vraiment amusé pendant cette séquence.
"C'était vraiment tres excitant de travailler avec Carrie-Anne
sur la moto" raconte t'il. "Je n'avais jamais revé
faire partie d'un projet come celui-ci. J'étais comme un
grand gamin qui passait de tres bons moments dans une joyeuse aventure."
"Faire ces films m'a beaucoup appris sur moi-meme" raconte
Moss. " Faire face a une peur comme celle-la et la surmonter
est une chose remarquable."
Le travail de Moss dans la scene de l'autoroute inclus aussi le
pilotage d'une Cadillac a travers un barrage de balles pendant qu'un
combat se déroule entre les passagers de la voiture. "Je
suis alle deux fois dans une école de pilotage. J'ai eu mon
diplome que j'ai encadré et accroché au mur. J'ai
vraiment apprécié l'abilité que j'ai acquéris
la-bas parce que ensuite je pouvais faire des trucs vraiment cool
pendant le tournage."
Fishbure a été impressionné par l'adresse
de Moss. "Carrie-Anne peut vraiment piloter. Nous nous sommes
entrainés pour prendre des virages a 90 ou 180 degrés,
et en deux heures de temps elle était capable de faire ca
comme si elle le faisait depuis des anées."
"L'une des scenes préférées que j'ai
faite moi-meme est celle ou je fais un dérapage controlé
a 90 degrés juste en face de la caméra. Tout est dans
le frein, le frein a main et le faire au bon moment. Etant dans
un espace restreint, et foncant vers l'équipe de tournage,
si je n'avais pas freiné au bon moment j'aurais pu causé
de serieux dégats. Heureusement j'ai réussi la premiere
prise et c'était vraiment génial car c'était
l'une des seules fois ou les Wachowski m'ont sifflés et applaudis.
Il n'y a rien de mieux que les acclamations de ces deux garcons.
C'était vraiment génial."
Fishburne a du faire face a un défi considérable
lorsqu'il a du combattre une version amélioré des
agents sur le toit d'un poids-lourd. "Pendant les répétitions
c'était cool parce que le camion ne bougeait pas. C'est déja
difficile d'etre dans un harnais et d'essayer de jouer en l'air.
Mais quand ils ont mis en route le systeme hydraulique et qu'ils
ont commencé a tourner c'était une toute autre histoire."
Bien que l'acteur avait émis quelques reserves concernant
la cascade, le professionalisme de Rondell a rendu la chose possible.
"R.A. est incroyable" raconte Fishburne. "Quand j'ai
réalisé pour la premiere fois quels type de cascades
seraient dans la course poursuite, je suis allé le voir et
lui a dit "J'ai la trouille". Il m'a répondu "Je
sais. Je vais prendre soin de toi. Sa préoccupation premiere
était que toutes les personnes impliqués sur le tournage
soient en sécurité. Il y a tellement de mécanismes
de sécurité que nous nou sentions comme dans un manege.
Il vous fait sentir que rien ne peut vous arriver."
Joel Silver, le producteur, a été completement époustoufflé
par ce que l'équipe de cascadeurs a été capable
de créer. "Il y a une séquence ou un agent saute
de voitures a voitures créant de nombreuses collisions en
arriere-plan" raconte Silver, qui avait choisi la Cadillac
CTS et EXT pour la séquence de l'autoroute car il pense que
ces voitures peuvent supporter toutes sortes de tortures et que
visuellement elles correspondent bien au style de Matrix. "Une
chose incroyable c'est que l'équipe a orchestré une
scene ou plus de soixantes voitures s'envolent dans les airs et
le tout a été tourné a 300 images par secondes
de la meme maniere que sont tournés les scenes de combat.
C'est une brillante choréographie."
Des scenes qui seraient considérées comme le plat
de résistance dans d'autres films, ne sont qu'une autre couche
dans le décor de Reloaded. "Les Wachowski voulaient
que la scene avec ces voitures volant dans tout les sens déclenchent
des collisions en arriere-plan" raconte Rondell. "Nous
avons imaginé cette image de voitures s'écrasant en
bouquet au fond de l'image et ca avait l'air vraiment bien sur la
prévisualisation. Et lorsque nous l'avons réalisé
pour de vrai tout s'est passé comme une symphonie."
L'un des moments qui pourraient rivaliser avec la course poursuite
en terme de complexité et excitement est celle du combat
entre Néo et une armée d'une centaine de clones de
l'Agent Smith. Le combat méticuleusement choréographié
a pris 27 jours de tournage. "Nous faisions des prises de 18
secondes avec une caméra Steadycam, ou je dois réaliser
plus de 25 mouvements" raconte Reeves en parlant du travail
acharné qui fut nécessaire pour parfaire ce brutal
ballet. "J'ai travaillé tous les jours pendant six semaines
avec douzes formidables cascadeurs."
"Keanu s'implique a fond sur le plateau et il a de grandes
attentes concernant la qualité du travail a achever, mais
il ne pousse jamais les autres acteurs" raconte Hugo Weaving.
"Il écoute toutes les suggestions. J'adore travailler
avec lui."
Chad Stahlski, coordinateur des cascades pour les combats, et Yuen
Wo Ping le chorVographe des combats ont auditionnés environ
cinquantes cascadeurs, acrobates, gymnastes et pro d'arts martiaux
afin de trouver le groupe de douze acteurs censés jouer les
clones de l'Agent Smith. "Nous les avons entrainés pendant
quatre mois afin qu'ils puissent imiter Hugo Weaving, apprendre
les choréographies et developper les abilités requises
pour ces séquences" se rappelle Stahelski, qui joue
aussi la doublure de Keanu Reeves. "Ils devaient etre tous
capables de faire de la gymnastique, des acrobaties, du travail
avec harnais et cables.
Pendant le combat contre Néo, Weaving a été
mis dans la position de ne jouer que l'un des cents personnages
en meme temps. "Alors qu'ils pouvaient apprendre a Keanu la
choréographie comme une dance, ils ne pouvaient pas le faire
avec moi car la scene demande la présence d'au moins dix
Smiths a chaque fois. Alors j'ai du apprendre le combat comme ils
le font a Hong Kong. Le choréographe arrive le jour du tournage
et vous apprends les mouvements a ce moment-la."
" Nous avons obtenu de Hugo bien plus que nous n'osions imaginer"
raconte Stahelski. "Il tombe dans les escaliers, il s'enroule
autour des poteaux, il s'est pris des coups de batons et a fait
une descente de sept metres de haut. Hugo est partout dans ce combat."
Toues les doublures de Smiths ont du se transformer en répliques
de l'agent joué par Hugo Weaving. "Ils voulaient tous
me copier mais je leur repetais "Non, non, non, je suis celui
qui est nul, c'est moi qui devrait essayer de vous imiter"
raconte Weaving. "Mais ils devaient apprendre a bouger de le
meme maniere que moi et d'avoir une sorte d'allure smithienne. Il
n'est pas tres gracieux, il est plutot brutal."
Lorsque le moment de tourner cette scene est arrivé de nombreuses
choses étranges sont arrivées aux doublures. "Ils
ont commencé a me ressembler" raconte Weaving. "Les
plus petits avaient des choses dans leurs chaussures pour les réhausser
et ils avaient tous eu leur cheveux coupés, ensuite c'était
le tour des lunettes et des costumes de faire leur apparition, et
ensuite ce fut la perruque. Et quand nous avons enfin commencé
le tournage il y avait douze moi qui se balladaient de long en large."
Cette expérience a provoqué par mal de réflection
chez Weaving le concernant. "J'ai réalisé a quel
point mes cheveux commencaient a tomber" dit'il. "D'habitude
je me regarde dans le mirroir et je me trouve pas trop mal. Mais
quand j'ai regardé toutes mes doublures de profile, arghhhh!!"
Il y avait beaucoup plus de spontanéité pendant les
chorvographie de Reloaded comparé a ce qui était permis
pendant le tournage du premier film. "La premiere fois, les
combats étaient choréographiés et nous les
avions appris comme des danses" raconte Weaving "et elles
ne changeait quasiment pas durant le tournage. Cette fois il y avait
de nombreux changements apportés pendant le tournage et nous
devions faire avec."
"Wo Ping était assez conciliant a me laisser faire
quelques changements de derniere minutes" raconte Reeves. "Non
pas parce que je n'aimais pas la choréographie mais parce
que je voulais définir mon propre style."
De la vision initiale a la préparation et execution, le
niveau d'innovation et de talents mis au service d'un film est sans-précédent.
"Nous sommes foutu" conclut Rondell. "Nous avons
atteint un tel niveau avec ces films que travailler sur n'importe
quel autre projet sera une déception en quelque sorte. La
compétence et l'expérience de toute cette équipe
font en sorte que nous sommes capable de tout réaliser. Nous
avons fait jusqu'a 70 prises en un seul jour afin que tout soit
parfait, afin de trouver ce moment magique. Nous sommes devenus
tellement perfectionniste que nous sommes un peu décus quand
nous ne pouvons pas aller jusqu'a la perfection.
|